Publié le 30 août 2022

Participez à une exposition internationale

Contribuez jusqu’au 9 décembre 2022 à l’exposition Musée des coeurs brisés 

À partir d’une collecte locale de souvenirs amoureux, une exposition où l’intime s’inscrit dans une démarche universelle.

Cette exposition est réalisée par le Museum of Broken Relationships (Zagreb / Croatie). 

Dans le hall du Théâtre sont présents quelques objets d’exemples de l’exposition avec une zone de dépôt pour y contribuez. 

En libre d’accès, actuellement lors des horaires d’ouverture du Théâtre.

L’exposition complète sera visible au Théâtre du 10 janvier 2023 au 26 février 2023.

Visuel d'illustration pour Le musée des cœurs brisés

Comment contribuer ?

ÉTAPE 1
Remplir le formulaire de dépôt en ligne, accessible en cliquant ici. 

ÉTAPE 2
Déposer (ou envoyer) son objet au Théâtre accompagné du formulaire complété et signé.

ÉTAPE 3
L’objet rejoindra la collection du Museum Of Broken Relationships de Zagreb et pourra être présenté (anonymement) lors de l’exposition au Théâtre (ou ailleurs dans le monde).

Les histoires des objets présents au Théâtre

Octobre 1978

A l’heure de la séparation, chacun reprend ses affaires ; se pose alors la question des disques achetés communément. Facile avec les vinyles simples, distribués à parts égales, plus compliqué pour un double-album, Mirage, écouté longuement ensemble, des nuits entières. Pas d’autre solution que de le déchirer en deux, chacun repartant avec sa moitié. Sauf qu’il apparait vite que nous nous sommes trompés de disque : si la pochette est double, il n’a qu’un seul vinyle à l’intérieur, et c’est moi qui l’ai gagné… De dépit, elle me laisse tout l’album en l’état. Moralité : dans ces séparations, il y en a toujours un des deux amants qui perd plus que l’autre. Et le second n’est finalement pas mieux loti : il se retrouve seul avec les traces de ces amours défuntes, un disque déchiré et inutilisable, quand l’autre, n’ayant plus d’objet-souvenir, peut oublier…

Elle me l’a offerte comme souvenir avant que je ne parte.
Je n’ai jamais compris pourquoi elle m’avait donné une loupe, elle ne s’est jamais expliquée.
Mais elle a toujours dit qu’elle se sentait « petite » à mes côtés.

Il m’a quittée une semaine après le festival Roskilde. Ce fut une rupture terriblement paisible. Aucun de nous n’était fâché ; il était calme et à chacune de mes manifestations d’émotions, répondait par un « je comprends ». J’étais dévastée, cependant je l’ai laissé partir sans vraiment résister. Il a récupéré toutes ses affaires pendant que j’étais dans une maison de vacances, et en un seul week-end, les quatre ans de notre vie commune ont été classés. Il a soigneusement effacé toutes ses traces. Pourtant, un mois plus tard, je suis tombée sur ses masques. Ces masques stupides que j’ai détestés dès le début. Je crois qu’ils viennent du Rwanda. Depuis trois ans, ils étaient bannis à la cave et les voilà soudainement, réapparus. Je les ai balancés contre le mur, jetés dans tous les sens, j’ai sauté dessus. Cela n’a pas marché. Il n’y a pas eu de rédemption. A cet instant, j’ai regretté de n’avoir pas été hystérique au moment de notre rupture. J’ai rendu son départ si facile.

Mon père voulait que je sois un certain genre de fille, une fille que je ne pourrais jamais être. Il était impossible de gagner son amour, mais j’ai essayé. Ces gants blancs symbolisent cet effort : le gouffre entre ce qu´il voulait que je sois et qui j’étais vraiment. Je les ai portés la nuit où il m’a présenté à un bal pour débutantes – un rituel obscur qui délimitait encore d’une manière ou d’une autre ceux qui comptaient (ont de l’argent) dans ma ville natale. Même si mon père avait depuis longtemps abandonné notre famille, il a insisté pour que ce soit lui qui me présente à la société. Et donc j’ai enfilé ces gants et une robe blanche ridicule : j’ai fait la révérence et mon père s’est tenu à côté de moi – un moment mensonger capturé en photographie. J’ai vomi après. Je savais que la relation que j’avais avec mon père resterait fondamentalement brisée. Je n’étais pas la fille en robe de soirée avec de longs gants blancs. Et pourtant je les ai gardés toutes ces années. Je ne sais pas trop pourquoi, ma relation avec mon père est toujours brisée. Il est temps de lâcher prise, de porter ma propre peau. 

Nous avons déménagé deux fois au cours de notre relation et à chaque fois j’ai essayé de me débarrasser de ce vieux fouet inutile et rouillé. Je l’avais initialement acheté lorsque j’ai quitté la maison pour la première fois. Ma partenaire, cependant, l’a tellement aimé que j´ai dû le garder. Je ne l’ai jamais utilisé en cuisinant, mais elle oui, toujours. Après trois années remplies d’amour, ma partenaire a commencé à voir quelqu’un d’autre. Je suis resté seul avec mon vieux fouet inutile et rouillé.